Le Projet de mer intérieure au Sahara

En 1872 un certain Lieutenant-colonel Roudaire présenta pour la première fois le projet de création d'une mer intérieure au Sahara.
Le projet en question part de l'idée que les Chotts qui vont de Touggourt jusqu'au golfe de Gabes en Tunisie ne sont en réalité que les vestiges d'une mer qui a existé par le passé.
L'ensemble se situant au dessous du niveau de la mer , il suffirait selon Roudaire de percer les 3 seuils qui constituent le seul obstacle à l'uniformité du site ( Gabes avec + 47 m , Tozeur avec + 78 m et Asloudj ) et d'ouvrir un canal du coté du chott Djérid pour obtenir un véritable bouleversement écologique et économique aux conséquences multiples.
L'histoire confirme que derrière l'idée présentée par le Lieutenant Colonel Roudaire il n'y avait pas uniquement l'argument scientifique mais bel et bien les ingrédients d'une stratégie qui visait à faire accélérer la pénétration coloniale vers les lointaines contrées du sud et faisant passer les troupes et le matériel plus rapidement par bateau à partir du golfe de Gabes.
Ferdinand de Lesseps rendu célèbre par le canal de Suez fut parmi ceux qui approuvèrent le projet de Roudaire et le défendirent devant les Autorités de l'époque.
Mais le projet , au plan technique et technologique , était beaucoup plus important que le canal de suez et certains proposèrent même d'utiliser plusieurs bombes atomiques pour creuser le canal principal.
Pendant des décennies le projet fit l'actualité jusque dans les années cinquante ou , dit-on , le Général de Gaulle le mit dans un tiroir.
Au lendemain de l'indépendance , quelques discussions entre Algériens et Tunisiens eurent lieu sur la question mais sans grand lendemain.
En Tunisie le projet fut discuté même au Parlement et ses aspects négatifs furent jugés dominants puisque l'une de ses conséquences sera de couper le territoire tunisien en deux.
Des centaines de milliers de palmiers seraient sacrifiés au projet qui demander également le déplacement de villages entiers .
Grosso –modo on peut conclure tout simplement qu'un tel projet n'est pas pour demain car même son financement dépasserait de loin les capacités des Pays concernés.
Peut ètre qu'à l'avenir et avec les changements climatiques qui s'accélèrent l'alternative qu'offrirait un tel projet viendrait alors à s'imposer d'elle même.
Alors il faut attendre pour pour pouvoir un jour pécher au port d'El Meghaier…
publié par DEMAINBISKRA dans: PATRIMOINE


سيدي زرزور قسام الوديان